Cette exposition présente l’emploi du bronze aux XVIe et XVIIe siècles, en particulier dans les objets courants. Plus de 130 œuvres montrent le bronze de façon prestigieuse (étriers de François 1er en bronze doré) ou plus usuelle (mortiers pharmaceutiques et chandeliers).
Le fondeur est souvent réduit à la fabrication de cloches, mais les objets exposés témoignent en fait de l’omniprésence de leurs productions dans tous les secteurs de la vie quotidienne de la Renaissance. Or, ce sujet n’a jamais fait l’objet d’une étude approfondie, laissant dans l’ombre de nombreuses variétés d’œuvres, souvent données comme non datables et non localisables : luminaires, mouchettes et chenets, cloches et clochettes, petits canons, grelots, poids et mesure, mortiers, décors de portes ou de fontaines, serrures, étriers, éléments de harnachement, seaux à eau bénite et encensoirs....
Après avoir abordé les techniques de l’utilisation du bronze et des métaux connexes (fer, cuivre, laiton) ainsi que l’organisation des corporations de fondeurs à la Renaissance par l’administration royale, l’exposition engagera une étude stylistique poussée analysant les sources d’inspiration des bronziers et le répertoire décoratif dans lequel ils puisaient leurs décors, en particulier les grandes créations de la sculpture européenne de la Renaissance.
Parallèlement au panorama des centres français de l’art du bronze à la Renaissance, de la production du Puy-en-Velay ou de Lyon aux réalisations de Fontainebleau, de Paris et de Rouen, des critères de datations seront proposés. Ces arguments chronologiques permettront de reconsidérer le cas d’objets souvent placés au XVIe siècle, mais dont la réalisation s’échelonne en réalité jusqu’au début du XVIIe voire du XVIIIe siècle, sans qu’il s’agisse pour autant de « faux » ou de « copies ».
L’exposition vise à valoriser, dans une perspective historique, une technique et des savoir-faire méconnus, rarement mis à l’honneur mais omniprésents dans les collections publiques et sur le marché de l’art.